Chantier mur construit en blocs de chanvre

Le chanvre est-il fait pour votre habitat ?

A l’heure actuelle, cela devient urgent de penser à des modes de construction plus sains et durables, alors quoi de mieux que de s’intéresser au chanvre ?
Après une séance de formation et découverte auprès d’IsoHemp (Entreprise de fabrication de blocs de chanvre et solutions de construction, située près de Namur), je souhaitais vous le faire découvrir de façon objective. Honnêtement j’ai été très convaincue par ce matériau, et je pourrais le recommander dans mes futurs projets. Bien qu’il ne s’adapte pas à toutes les situations ni tous les chantiers, il reste une option très intéressante.

Photo prise par Claire Canteri, chez IsoHemp (Hemp = chanvre en anglais)

Qu’est-ce que le chanvre ?

Le chanvre est exploité depuis des milliers d’années : il a de multiples facettes ! Il est utilisé dans les cosmétiques, l’alimentation, le pharmaceutique, la mode, la papeterie, la construction…
Le bloc de chanvre est fabriqué à partir d’une partie de la tige de la plante (appelée « chènevotte« ), qui a de bonne propriétés thermiques, et est ensuite liée avec de la chaux pour former des blocs qui sècheront pendant plusieurs semaines avant d’être utilisés. Aucun procédé de cuisson n’est donc utilisé et son énergie grise est très basse, il va même jusqu’à stocker du CO2.

Quels sont les avantages et inconvénients du chanvre (en construction) ?

Chaque projet est différent, les avantages et inconvénients cités ci-dessous ne s’appliquent pas à tout mais vous donnent une idée globale de l’intérêt de ce matériau.


Confort thermique

Permet une température intérieure stable, ce qui fait qu’on doit moins chauffer.

Régulation hydrique

Permet un intérieur plus sain, un meilleur équilibre de l’humidité ambiante (plus humide en hiver et plus sec en été).

Isolation acoustique

Permet de mieux absorber les bruits/nuisances d’une pièce, même s’il faut porter une attention particulière à la finition du mur.

Résistance au feu

Imbattable sur ce point, garantie jusqu’à 4 heures et aucune fumée toxique !

Durabilité et écologie

Fabrication écologique, sans cuisson, va même jusqu’à stocker du CO2 + produit naturel. Le mode de construction se veut « monomur » pour éviter l’utilisation de trop de matériaux et ressources différentes.

Facile à manipuler

Faible poids comparativement à un bloc de béton, il peut être placé très facilement et rapidement même en autoconstruction (si vous avez un peu d’expérience). D’ailleurs la découpe est très aisée (scie) et permet un chantier plutôt silencieux et sans déchets (ils sont récupérés) par rapport à du traditionnel.


Ne contente pas toujours les normes PEB (énergie)

Afin de garder toutes ses performances optimales, le bloc de chanvre utilisé comme isolant doit être d’une épaisseur de 30 à 36cm. En nouvelle construction, cela fonctionne car on peut réaliser un « monomur », mais en rénovation ça coince car on perd trop de place. Je recommande de placer une isolation intérieure en chanvre de 12 à 15cm, mais ce procédé ne fonctionne pas toujours pour être « PEB conforme » donc il faut en discuter avec un responsable PEB, ou moi-même dans un premier temps.

Pas porteur

Une structure portante doit être intégrée et étudiée, souvent c’est du béton et des ferraillages. Mais vous pouvez opter pour une ossature bois pour être le plus écoresponsable possible.

Pas adpaté à tous les détails de construction

Le bloc de chanvre ne peut pas être sous terre (maçonneries de fondations). Et pour l’isolation du sol et des toitures plates, il n’y a pas encore de solution adaptée. Le béton de chaux chanvre utilisé pour les chapes ne permet pas n’importe quelle finition de sol. Pour l’isolation des toiture, il existe des panneaux semi-rigides de fibre de chanvre.

Légèrement plus cher que les matériaux traditionnels

Le bloc de chanvre peut être un peu plus cher que des matériaux « habituels » comme le béton ou un isolant PU. Sauf quand ces matériaux sont combinés en « lasagnes » dans une nouvelle construction traditionnelle : le bloc de chanvre se suffit à lui-même donc la différence de budget est peu impactante.
Pour les autoconstructeurs (qui ont un minimum d’expérience), sa facilité d’utilisation permet un gain important sur le budget.
L’isolation semi-rigide en toiture à versants est également plus chère mais ses atouts lui permettent de rester une option intéressante.
Les prix du chanvre peuvent, entre autre, varier en fonction de la complexité du projet et de l’épaisseur utilisée.

Si vous rénovez, il est important de réaliser une étude d’absorption du mur existant avant de choisir le système et l’épaisseur du bloc de chanvre. Dans certains cas il faut prévoir une coulisse, d’autres il faut un pare-vapeur, sans oublier de prévoir du chanvre en « vrac » pour combler les poches d’air qui seront victimes de soucis d’humidité.

En rénovation, combiner plusieurs isolants dans une même paroi afin d’arriver à une valeur PEB conforme, sans avoir trop d’épaisseur, n’est pas toujours une bonne idée. En effet il faut toujours faire attention au propriétés des matériaux, leur capacité à réguler l’humidité, sinon le chanvre risque d’être ineffectif dans son rôle premier.
Cela reste envisageable, mais il faut en discuter avec un responsable PEB ou un fournisseur (IsoHemp notamment). On recommande généralement un test d’abosrption de la paroi si elle est existante.

(photo prise par Claire Canteri chez IsoHemp)

(photo prise par Claire Canteri chez IsoHemp)

(photo prise par Claire Canteri chez IsoHemp)

(photo prise par Claire Canteri chez IsoHemp)

(photo prise par Claire Canteri chez IsoHemp)

(photo de finition en argile, prise par Claire Canteri chez IsoHemp)

La construction en blocs de chanvre ne dispense pas de l’intégration d’un système de ventilation. Ce dernier reste primordial dans une habitation. Par contre, grâce aux bonne propriétés hydriques, on peut se contenter d’un système plus « léger » que la ventilation double flux. On peut effectivement prévoir un groupe d’extraction pour les pièces humides, et de simples grilles d’aération dans les châssis pour les pièces de vies. Il s’agit d’un système de ventilation C+ qui est moins coûteux à l’achat et l’installation ainsi qu’à la consommation d’énergie (donc plus éco responsable aussi). La double flux « système D » consomme pas mal de son côté, mais est surtout utile pour la régulation hydrique et thermique intérieure. N’hésitez pas à en discuter avec un responsable PEB ou moi-même si vous avez des questions !

a propos architecte claire canteri

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